Thérapie

Il y a beaucoup de choses que je fais inconsciemment.

Parfois, je voudrais bien m’asseoir, et faire le point avec moi-même.

Une sorte de thérapie personnelle, où je m’écoute en train de parler.

Et quand je pleure, ma main tapotera mon épaule et mes oreilles écouteront les conseils qui sortent de ma bouche.

Je serai en pleine harmonie.

La thérapie face à une professionnelle fut une véritable expérience. Parler devant une inconnue était troublant, mais si libérateur. J’en suis ressortie avec la sensation de flotter sur le sol. Toutefois, j’ai l’impression de ne pas m’être confiée assez. On ne peut entièrement comprendre que ce que j’ai exprimé, avec mes gestes futiles et mes hésitations permanentes.

Je me suis sentie un peu comprise, mais en même temps, pas trop.

Peut-être que moi-même, je ne me comprends pas assez.

J’essaie d’écrire, mais ce n’est pas simple de traduire un gribouillage de pensées en phrases cohérentes.

Et je ne veux sûrement pas poster le même article cinquante fois d’affilée, pour décrire mon humeur stagnante. Si je relis mes anciens textes, je constate que je suis tantôt méditative, tantôt stressée, en essayant toujours de finir sur une bonne note, avec un espoir à l’horizon.

Le cycle se répète et se répète et se répète…

Mais je veux changer.

Jusqu’ici, j’estime que mon blog a atteint sa ligne d’arrivée ; toutes mes émotions ont été décrites au cours d’un mois et plusieurs jours. Il m’est inutile de poursuivre, au risque de devenir redondante. Mais si un article, ou une phrase de ce blog a permis de vous identifier, ou bien de découvrir une autre perspective, je n’en serais que très sereine.

J’espère que ma vulnérabilité a été transmise. Non pas que je veuille me faire passer pour une faiblarde, ou une grande sensible. Mais à mon avis, la quête d’une identité parfaite est courante sur internet, et on a l’impression que tout le monde a une vie splendide. J’ai été prise au piège à de multiples reprises, pensant que j’étais un cas à part, au fur et à mesure que je scrollais dans les réseaux sociaux.

J’admets que cet aspect de « perfection » me dérange un peu.

Si jamais je tire mon écriture hors de mon intérêt personnel, je voudrais bien que ce blog soit considéré comme très imparfait, dont le seul message à retenir est :


Vous n’êtes pas la seule personne à vous sentir de cette façon.

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Spontanéité

Je réfléchis souvent avant de parler.

J’agis souvent de manière prudente.

Je fais souvent attention aux contraintes.

Mais parfois, je voudrais faire tout le contraire.


Je voudrais montrer toute ma débilité et tous mes goûts, sans craindre le jugement des autres.

Je voudrais laisser mon instinct me guider, au lieu de me remettre chaque fois en question.

Je voudrais danser dans la rue ou me déguiser aux yeux de tous, juste pour connaître l’effet.

Mais après réflexion, je ne préfère pas.


Après réflexion, il vaut mieux rester réservée car je l’ai toujours été.

Après réflexion, il est impensable de s’auto-humilier devant des inconnus.

Après réflexion, je ne me sens même pas capable de faire ça.

***

J’adore penser, mais parfois, c’est dur de s’en passer.

Fatigue

Je ne dors pas assez.

On est déjà le matin, et j’écris cette phrase avec des paupières récalcitrantes.

Je ne veux pas tomber dans un cycle de sommeil insatisfait.

En fait, j’ai l’impression d’être une somnambule de la vie.

Ce serait génial de se coucher de bonne heure, sous des couvertures propres et parfumées.

Et puis se réveiller à l’aube, 100% chargée, et prête comme jamais à commencer la journée.

Mais tout cela m’a l’air d’être une illusion.

Utopie

Quand je marche dehors, il m’arrive de contempler les arbres, le sol, et tout ce qui se trouve autour de moi. Je suis heureuse mais mélancolique. Fatiguée mais énergétique.

Souvent…

…je rêve d’une nouvelle réalité où je marcherais dehors, en contemplant les arbres, le sol, et tout ce qui se trouve autour de moi. Je serais heureuse mais mélancolique. Je serais fatiguée mais énergétique.

Ce serait mon utopie.

Ne devrais-je pas être satisfaite de mon présent ?

Conviction

Au cours de ma vie, j’ai souvent douté de mes capacités, mon sens de la vie, mes rêves et mon futur.

À cause de ça, je n’arrive pas à prendre des décisions.

Je veux bien m’accrocher à une branche, mais la pression de mes mains devient fatigante, et je finis par tout lâcher.

Je survis, mais avec la motivation en moins.

Or, il faut que je me ressaisisse. S’il y a quelque chose à laquelle je dois m’agripper, c’est la conviction que tout va changer.

Ma vie ne stagnera pas.

Je veux croire que l’on chemine tous dans notre propre album de musique. Entre deux chansons, le silence sert à retrouver ses esprits.

Pour moi, c’est l’espoir qu’un nouveau son se mette en marche. C’est la conviction d’une métamorphose.

Je ne m’attends pas à un feu d’artifice. Je crois au changement lent, mais certain. Pourquoi suis-je si convaincue de cet optimisme ? Est-ce tout simplement de la pure naïveté ?

Je n’ai pas l’air un poil motivée en cette seconde précise. Je suis même d’humeur paresseuse.

Et pourtant, je sens que tout va changer.

Acceptance

Je voulais changer cette personne.

Je voulais qu’elle se mette comme moi, dans une position d’entente et de vulnérabilité.

Cette personne ne m’aide pas.

Cette personne est trop rationnelle et narcissique pour montrer un minimum d’empathie.

Cette personne a toujours raison, et j’ai toujours quelque chose à me reprocher.

Mais autant que je le veuille, je ne peux pas changer mon père.

J’ai enfin compris que je ne vais pas recevoir le soutien émotionnel que je désirais tant.

J’étais frustrée parce que j’espérais voir la lueur d’un changement. Mais j’ai appris que je ne l’obtiendrai probablement jamais. Peut-être que cette révélation sera le début de mon indépendance.

Décollage

Si comme moi vous avez peur de l’avion, votre cerveau prêtera certainement une plus grande attention à l’heure du décollage.

Le rugissement des réacteurs me stresse tellement…

Quand il monte en crescendo, c’est là que je sens le moment arriver…et là, on va bientôt…

…fausse alerte. Ouf, on ne décolle pas encore.

L’avion dévie sa trajectoire, il roule comme une voiture sur une avenue étroite.

Mince, encore ce bruit déclencheur. Accompagné d’un léger tintement incitant les passagers à attacher leur ceinture. Léger ? Mes oreilles le perçoivent comme strident, perçant, tranchant…le moment fatidique va venir…

…en fait, pas maintenant. Le rugissement se détend. Encore une fausse alerte ! Je ne sais pas pour vous, mais moi, ça commence à me taper sur les nerfs.

Qu’il décolle enfin ! Je m’en fiche !

Incroyable comme je finis par désirer ce que je redoute.

L’avion a décollé ; c’est tout ce que je souhaitais.

Aujourd’hui, j’ai appuyé sur le bouton vert du téléphone pour prendre rendez-vous avec une psychologue. Enfin ! Je l’ai fait.